Comment se déroule un groupe de thérapie ?
Mon thérapeute me propose de rejoindre un groupe de thérapie. Cela m’intéresse ou cela me fait peur. J’ai plein de questions. Vous trouverez ici quelques réponses sur la psychothérapie de groupe.

Il y a autant de façons de faire du groupe qu’il y a de thérapeutes. Voici comment se déroule le groupe que j’anime à Paris avec ma collègue Stéfanie Reetz. Nous nous réunissons un dimanche par mois, entre les mois de septembre et juin, soit dix regroupements par an. Les personnes qui rejoignent le groupe s’engagent pour l’année, et renouvèlent – ou pas – cet engagement chaque année.
Nous sommes deux thérapeutes, et depuis quelques années, nous sommes accompagnés d’assistants et d’observateurs qui sont des étudiants en école de thérapie, des futurs thérapeutes qui choisissent de se former à la thérapie de groupe.
Mise en corps
Le groupe se retrouve dans une salle dans le quartier du Marais, à deux pas du centre Pompidou. La salle, située en sous-sol, est propice au travail d’introspection. Nous nous retrouvons à 10h et nous terminons à 18h. Il y a une pause d’une heure et quart le midi et les patients vont la plupart du temps déjeuner ensemble. Cela laisse près de sept heures pour le travail de groupe.

Nous démarrons généralement par un temps de travail corporel léger : nous ne sommes pas d’un côté un corps, de l’autre un esprit. Ce temps permet de se reconnecter à son corps, de sentir « comment on se sent », de faire émerger des idées de travail ou de faire des liens avec les choses qui nous préoccupent ou bien ce qu’on a envie de travailler lors de ce groupe.
Puis vient le temps où chaque patient va venir devant le groupe pour parler de lui et échanger avec les thérapeutes : comment va-t-il ? Avec quoi elle arrive ? A-t-il des idées de travail pour la journée ? A-t-elle fait des rêves ? Cette étape est un moment important : c’est le moment où le patient se pose en tant que sujet devant le groupe qui l’écoute. Pour certaines personnes, cela ne leur est pas arrivé souvent dans leur vie…
Tout le groupe travaille
La deuxième partie de la journée consiste dans les « travaux » des patients. L’espace est ouvert et ceux qui veulent travailler sont invités à prendre cet espace : personne n’est forcé de travailler. Le patient travaille avec l’aide d’un ou plusieurs thérapeutes, mais aussi avec l’aide des autres patients : tout le groupe peut se retrouver parfois mobilisé autour du travail d’un patient. Et voilà que le travail d’un patient vient faire travailler chacun des participants… C’est l’une des grandes forces du groupe. Il y a mille et une façon de travailler dans le groupe : à travers le corporel, le jeu de rôle (psychodrame), à travers des objets, en analysant un rêve, en pratiquant le rêve éveillé…
Après le travail d’un patient, chaque membre du groupe est invité à exprimer ce que ce travail lui a fait, son ressenti, comment cela peut faire écho (ou pas) à ce que lui ou elle vit, à des situations qu’il ou elle a vécu. Cela peut permettre de s’interroger, de faire des prises de conscience. C’est toute la richesse du groupe. « Je suis humain, et rien de ce qui humain ne m’est étranger » : cette phrase de Térence prend tout son sens dans le groupe.

Après le groupe…
Stéfanie et moi sommes attentifs à ce que peuvent vivre chacun des patients dans le groupe, à leur évolution, mais aussi à ce que vit le groupe lui-même en tant qu’entité. Comme si le groupe était une personne, avec son psychisme propre, ses désirs, ses craintes, et surtout son inconscient. Nous naviguons au cours de la journée entre ces différents niveau de perception et de lecture.
Après le groupe, il y a encore du groupe. Chaque patient est en thérapie individuelle (c’est une obligation pour les personnes qui veulent participer à notre groupe), et va peut-être, s’il a vécu des choses marquantes, revenir en séance individuelle, sur ce qui s’est passé pour lui, afin de mettre du sens, comprendre des choses qu’il a pu vivre pendant le groupe ou dans « l’après-coup » ? Dans ces aller-retours, la thérapie de groupe va venir « fertiliser » et dynamiser et accélérer la thérapie individuelle.
En contact
Les patients du groupe peuvent être des patients qui sont en thérapie individuelle avec Stéfanie ou avec moi. Mais nous accueillons des patients qui ont d’autres thérapeutes en individuel. Dans ce cas, nous sommes en contact avec eux entre les groupes pour se tenir au courant de l’évolution du patient ou de la patiente.

Vous avez encore des questions ? Vous aimeriez tester la thérapie de groupe ? Vous êtes thérapeute et vous pensez que cela pourrait aider votre patient de travailler au sein d’un groupe ? N’hésitez pas à regarder la page de mon site internet sur la thérapie de groupe, ou à m’interroger via mon adresse mail patrickdenielpsy@gmail.com ou bien m’appeler.
Patrick Déniel